Semi-conducteurs, impact de la pandémie, tensions et perspectives de croissance

Trois pays se disputent la place de plus gros marché des semiconducteurs : Taïwan, la Chine et la Corée du Sud. Taïwan vient d’ailleurs d’interdire aux sociétés de recrutement de publier des offres portant sur des emplois basés en Chine, dans certains secteurs technologiques dont celui des semiconducteurs, afin d’éviter le braindrain. La Chine tente en effet de se construire un circuit indépendant de production en recrutant à Taïwan en raison des tensions avec les Etats-Unis et des restrictions d’exportations.


Le marché des semiconducteurs reste solide et beaucoup d’experts pensent que les tensions géopolitiques n’auront qu’un impact limité sur sa croissance. Il affiche une progression de 5% sur un an et atteint désormais une valeur de 55,3 milliards de dollars en 2021.

L’Amérique du Nord reste un hub incontournable pour les semiconducteurs. En mars 2021, on constate une hausse des ventes à l’international de 4,2% par rapport à février et une augmentation de 48% par rapport à mars 2020. La Taiwan Semiconductor Manufacturing Company (TSMC) a construit une centrale de production de puces en Arizona pour 12 milliards de dollars et prévoit d’en ouvrir 5 supplémentaires sur demande du gouvernement américain pour pallier la pénurie mondiale de puces. Samsung est également sous pression pour investir davantage dans le pays, et notamment dans ses usines au Texas, mais n’a pas encore donné les détails de son plan estimé à près de 17 milliards de dollars.


La production étant très localisée en Asie et surtout à Taiwan, les Etats-Unis ne produisent pas les puces électroniques de pointe dont ils ont besoin. L’administration Biden a donc décidé de lancer des programmes pour atteindre 30% d’autonomie et elle a proposé un plan de 50 milliards de dollars dans ce sens.


La Corée du Sud a aussi annoncé davantage de prêts à long terme pour environ 883 millions de dollars et l’augmentation des allègements fiscaux à 6% (contre 3% actuellement) pour les entreprises du secteur. Le pays investit 450 milliards de dollars dans la construction de la plus grande base de production de puces au monde en association avec Samsung Electronics et SK Hynix.


L’Europe est laissée pour compte. TSMC et Samsung n’ont pas de plans concrets d’investissements dans la région et l’UE a très peu investi dans les semiconducteurs sur les 10 dernières années, alors que la capacité de production de la Chine a par exemple triplé sur la même période comme on peut le voir ci-dessous.

Source : eenewsanalog.com


Les secteurs de l’automobile et de la fabrication d’objets connectés (IoT) sont les plus impactés par la pénurie de puces. Les constructeurs affirment donc que plus d’1,3 millions de véhicules pourraient ne pas être construits aux Etats-Unis si la crise n’était pas résolue. Honda prévoit par exemple une chute de 10,3% de son profit net sur l’année tandis que Nissan produira un demi-million de véhicules en moins et que Daimler a interrompu sa production dans deux usines en Allemagne.


Les entreprises du secteur investissent massivement pour éviter qu’une pénurie se reproduise sur le long terme. Samsung a par exemple annoncé un engagement supplémentaire de 34 milliards de dollars dans les puces logiques de production, ce qui représente un investissement total de 151 milliards dans la branche. De manière générale, les investissements en immobilisation augmentent et devraient passer de 63 à 70 milliards de dollars entre 2020 et 2021.

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